Le Néolithique

La plaine de l'ighazer est un écosystème riche où a pu se développer l'agriculture, l'élevage, la métallurgie, l'art rupestre ...


Au Sahara, l’art rupestre peut se subdiviser en différents groupes ou styles, néanmoins il ne faut pas voir ces styles se suivre les uns à la suite des autres, mais les imaginer fluctuants dans le temps et l'espace et pouvant même cohabiter. La difficulté de datation de ces gravures et peintures ne peut qu'inciter à beaucoup de prudence pour une chronologie des différents styles sahariens, mais les recherches de ces deux dernières décennies permettent de poser des jalons très appréciables.

Par ailleurs, de plus en plus d’auteurs généralisent l’emploi de la cartographie satellitaire en ligne, ce qui permet des études aréales renouvelant l’approche de certaines questions, comme la relation entre chars et inscriptions en caractères Tifinagh, dont les distributions coïncident étroitement (Le Quellec 2017). Robert Vernet sur son blog, demandant un peu plus de déontologie et de méthodologie dans cet usage (Vernet 2022).

L'industrie métallique va matérialiser l'entrée de la plaine de l'Ighazer dans l'Histoire. Néanmoins ce passage s'étalera sur près de 2 millénaires, car les débuts de la métallurgie n'éteindront pas l'usage des outils lithiques aussi facilement. On peut même dire que ces nouvelles technologies ne changeront pas le quotidien des populations vers un mode de vie de plus en plus nomade, mais sans doute aussi de plus en plus hiérarchisé. Les métaux ont d’abord été transformé pour des petits objets de parures, de prestige voir de symbole de pouvoir pour afficher une position sociale, plutôt que des objets utilitaires destinés aux activités productives (Holl 2020). Cette période marque également le renforcement de l’influence saharienne et protoberbères sur la région de l’Ighazer, même si dans les montagnes de l'Aïr des "réfugiés climatiques" ont pu se maintenir encore quelques siècles non sans faire évoluer leur mode de vie.

Gobero (7700-6200 BE)

Le site de Gobero repose sur une paléodune qui fut récemment accumulée sur la période aride précédent le grand humide de 14000 à 8000 BE. On y trouve des sépultures dans un cimetière avec des hommes et des femmes de grande taille voisinant 2 mètres. Ce seraient des populations apparentées aux Mechtoïdes de l'holocène moyen du Mali et de la Mauritanie, mais aussi apparentées aux Ibéromaurusiens du Pléistocène, ainsi qu’aux Capsien du Maghreb du début de l'holocène, ce qui fait dire à Sereno que nous sommes en fasse d’un assemblage transsaharien ! (Sereno et al. 2008). Cet assemblage dénote une mobilité des néolithiques bien plus importante que de simples contacts de proche en proche et/ou une mixité des populations qui se fait de gré ou de force.