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    L'Antiquité

    Pour comprendre le peuplement en Ighazer Aïr durant l’antiquité, il va nous falloir, entre autres comprendre le rayonnement du royaume des Garamantes, les peuplements voisins le long notamment de deux axes de commerce transsaharien menant au Lac Tchad et à la boucle du Niger, au regard des éléments que l’on a sur le peuplement en zone sahélienne.

    Les gétules vont occuper une place tout aussi importante que les garamantes dans l’histoire des populations de l’Ighazer. Gabriel Camps en fera des Sanhadja (Camps 1987) dont certaines factions, comme les Messufa, seront à l’origine du premier royaume de notre plaine. Les gétules sont des populations qui sont disséminées depuis la Syrte-Tripolitaine jusqu’aux rivages de l’atlantique sur une bande géographiquement hétérogène. Ils y occupent le plus souvent les hauts plateaux peu arrosés par un climat pré-désertique, restant pour une partie très en marge des autres populations notamment la Numidie et la Maurétanie (Desanges 1998). Le territoire gétules englobait une partie du désert saharien, la lisière nord du Sahara (Gsell cité par (Gascou 1970), c’est bien entendu cette frange méridionale de la Gétulie qui nous intéresse et particulièrement sa partie occidentale.

    en cours de rédaction

    A partir de 3500 BE, dans un contexte d’aridité croissante, les zones sahariennes sont progressivement abandonnées par les pasteurs pour d'autres régions plus au sud, désormais propices à l'élevage (Ozainne et al. 2014). La mouche tsé-tsé recule et ouvre ainsi les plaines sahéliennes aux pasteurs nomades. Les données actuelles dressant l’arbre phylogénétique de Pennisetum (aujourd’hui rattachée au genre Cenchrus) font remonter au IVè millénairre les premières opérations agricoles menées sur cette graminée, quelque part au nord de la boucle du Niger.

    Entre 3000 et 2500 BE, des pasteurs issus de plusieurs sphères culturelles distinctes, mais partageant visiblement des origines communes dans le Sahara central, atteignent les zones sub-sahariennes comme la boucle du Niger ou le lac Tchad. Après son émergence à la frange sud du Sahara vers 2500 BE, la culture du millet perlé (Pennisetum glaucum) se répand rapidement dans toute l'Afrique de l'Ouest entre 2000 et 1000 BE. Les débuts de l’agriculture en Ighazer peuvent être abordés au regard de pôles de production anciens, la boucle du Niger et le Fezzan.

    L’épopée garamante peut se définir en deux périodes. La première durant le premier millénaire avant notre ère qui fonde l’entité garamantique en elle-même. Au cours de cette période, les garamantes feront une tumultueuse connaissance avec l’empire Romain. La seconde période commencera avec notre ère et sera une période faste commercialement aux côtés de l’empire Romain, jouant un rôle de plaque tournante du commerce transsaharien, avant le déclin du plus ancien des états sahariens et la dispersion des garamantes qui précédera l’arrivée de l’Islam.

    Le nom même des Garamantes signifierait « les gens des maisons ». La racine arhrham, « maison, construction », est une racine pan-berbère. Les nombreuses ruines de l'oued El-Agial témoignent en faveur de cette hypothèse. Il semble donc que les garamantes aient été principalement des oasiens agriculteurs sédentaires, vivant dans d'importants établissements permanents et complexes de bâtiments en briques crues. Cela ne veut pas dire que les garamantes n'ont pas également intégré des éléments pastoraux (Mattingly et al. 2019).