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    Le paléolithique

    L'histoire de l'humanité en Afrique, longtemps concentrée sur le Rift est-africain, s'est trouvée renouvelée par les découvertes effectuées au Sahara, Toumaï au Tchad et les premiers Homo sapiens au Maroc. Le massif de l'Aïr et la plaine de l'Ighazer, situés entre ces deux régions offrent un terrain d'étude important pour retracer les occupations humaines du Paléolithique à l'Épipaléolithique. Seront ainsi successivement abordés la place de l'Afrique comme berceau de l'humanité et les récentes découvertes, telles que Toumaï ou encore Abel, qui ont conduit à reconsidérer le rôle du Sahara central. L'Atérien est sans contexte la culture lithique qui donne le plus une identité à la sous région nord Afrique et matérialise déjà la continuité du genre humain. l'Épipaléolithique de l'Ighazer et de l'Aïr, marqué par le retour d'un climat humide à l'Holocène et le développement d'industries lithiques qui réoccupent le sahara bientôt vert, dont l'Ounanien en est un marqueur important dans une mosaïque d'écosystèmes propices aux chasseurs-cueilleurs.


    L’Afrique est considérée comme le berceau de l’humanité, car c’est sur ce continent qu’ont été retrouvées les plus anciennes traces de l’homme, notamment dans le Rift est-africain. Ces découvertes s’inscrivent dans l’ère quaternaire, qui englobe le Pléistocène et l’Holocène. Toutefois, au début du XXIè siècle, il apparaît que ce berceau pourrait s’être déplacé vers le Sahara et, plus particulièrement, vers le bassin du lac Tchad, avec la découverte de Toumaï. Comme le disait l’abbé Breuil, « le berceau du monde est à roulettes » (cité par Pales 1962), pour signifier que les recherches apportent constamment de nouveaux éléments susceptibles de repositionner ce berceau.

    En plein cœur du Sahara, le massif de l'Aïr et la plaine de l'Ighazer offrent un cadre privilégié pour étudier l'Épipaléolithique. Cette période, qui succède à l'aride Ogolien, voit ces paysages diversifiés se transformer en un véritable refuge et un carrefour pour les chasseurs-cueilleurs. Vers 12 000 BP, le retour d'un climat humide à l'Holocène permet le réengagement des réseaux fluviatiles et la réoccupation progressive du Sahara par des groupes de chasseurs-cueilleurs. De nouveaux, l’homme laisse des traces à travers ses restes anthropologiques, ses industries lithiques connues comme l’Ibéromaurusien, le Capsien ou encore l’Ounanien. L’Ighazer et l’Aïr, avec leurs paysages diversifiés, seront un cadre privilégié pour les hommes qui commencent à maîtriser leur environnement.

    L’indication la plus claire d’un changement technologique au début du MSA en Afrique du Nord-Ouest provient de l’apparition du technocomplexe atérien. Il est caractérisé par la présence constante d’outils pédonculés et est désormais daté avec certitude entre 145 000 et 30 000 ans BP. Des sites atériens sont connus au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, en Égypte, ainsi que sur le pourtour du bassin tchadien et notamment la façade orientale de l’Aïr au Niger. La vaste répartition des chasseurs-cueilleurs atériens du Middle Stone Age (MSA), depuis la côte atlantique marocaine jusqu’au Sahara oriental et aussi loin au sud que l’Aïr et le Ténéré nigériens, reflète à la fois l’expansion d’Homo sapiens sapiens et sa remarquable capacité d’adaptation aux environnements désertiques (Holl 2025).

    Au Niger, dans les bassins sédimentaires de l'Ighazer et les contreforts de l'Aïr, l'industrie dite ounanienne constitue le faciès archéologique majeur de l'Épipaléolithique. Elle s'insère chronologiquement à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène (10 000–7 000 BCE), succédant au hiatus aride de l’Ogolien qui sépare la culture matérielle de l'Atérien des industries holocènes. L'émergence et la dispersion de cette industrie coïncident avec la réactivation des réseaux fluviatiles et paléolacustres au début du Grand Humide africain, vers 11 500–10 000 BCE. Les corridors de drainage reliant les massifs centraux du Sahara (Aïr, Hoggar) aux dépressions endoréiques (Ighazer, Azawad, Ténéré) ont favorisé l'établissement d'une mosaïque d'écosystèmes de savanes ouvertes et de zones humides. Ce milieu s'avérait propice à la présence du grand gibier et, par conséquent, à la mobilité stratégique des communautés de chasseurs-cueilleurs.