La construction des phrases

Les salutations

- man nin kani signifie "comment ton sommeil" = bonjour, Man nin hogay signifie "comment ta soirée" = bonsoir. A cela l'on répond Alher'as = la paix est là = ça va.

- comme partout en Afrique les salutations prennent un temps certain, ainsi après le bonjour, c'est toujours, man hougyo = comment va la maison, man assabyo, comment vont les enfants, man farga = comment la fatigue, man touksy = comment la chaleur, etc.

- man i ban a si ni = comment allez-vous ?

- pour la bonne nuit on compose kani alher = dormir en paix.


Les pronoms

je gay mon/ma/mes gan
tu ni ton/ta/tes nin
il a son/sa/ses an
nous iri nos/notre irin
vous indi vos/votre indin
ils i leurs sin

Les suffixes

- le suffixe kat dans un verbe d'action signifie vers soi par exemple koy = aller, koykat = aller vers moi, ou zawkat = appporte à moi.

- koye = celui de, exemple afarek koye = celui du jardin ou le jardinier (pluriel ifirgan koyo).


Le genre et le pluriel

Il n'y a pas de genre exprimé dans les mots d'origine Sonraï, par contre le féminin est exprimée dans les mots d'origine Tamasheq avec le plus souvent un 't' en préfixe. Certains mots d'origine songhay appliquent aussi cette régle comme assabi / tassabi = garçon / fille.

Le pluriel s'exprime dans les mots sonraï par un 'yo' terminal, tanzi/tanziyo = les pierres, alors que dans les mots d'origine tamasheq ils suivent les règles de cette dernière avec le plus souvent un 'i' en préfixe et un 'en/an' terminal.


La négation et l'appartenance

- la négation se fait avec ni dans la phrase, par exemple a ni woussaye = ce n'est pas bon.

- elle peut se faire également avec si comme dans nim si har = il ne faut pas dire.

- n' = appartenance au nom qui précède, par exemple alhassane n' hougou = la maison d'Alhassane.


Les temps

Il y a trois temps de conjugaison, la passé, le présent (je suis en train de) et le futur. La conjugaison ne se fait jamais sur le verbe mais sur le pronom.

PasséPrésentFutur
J'ai dit gay si je dis gab si je dirai gab ti si
tu as dit ni si tu dis nib si tu diras nib ti si
il a dit a si il dit ab si il dira ab ti si
nous avons dit iri si nous disons irib si nous dirons irib ti si
vous avez dit indi si vous dites indib si vous direz indib ti si
ils ont dit i si ils disent ib si ils diront ib ti si

La négation au passé et au présent se fait avec ni, et sib au futur.


Quelques constructions

- nim si dan = il ne faut pas faire

- ni sib dan = tu ne feras pas

- may nib hounou = qu'est-ce que tu cherches

- Ibrahim ab ti koykat am gouna ni = Ibrahim passera pour te voir

- misin ab dan ni si = qu'est-ce qu'il fait pour toi

- ab koy yobou sey inda gay barra afo = il vas au marché lorsque je veux quelque chose

- ni si taba gouna = tu n'as jamais vu


Des expressions singulières

La "tekarakit" en Tamasheq peut se traduire par "pudeur", c'est cette retenue qui fait que l'on ne dit les choses directement et franchement que de manière exceptionnelle. On prendra alors quelques détours pour exprimer son ressentit, c'est le royaume des hyperboles, euphémismes et autres figures de styles.

Ganda n'koubaye inda n'serey | la terre se mélange ou se lie avec son amie | Pour demander la main d'une fille, le prétendant se met sur le chemin du puits. Les filles allant au puits chercher l'eau dans des canaris d'argile, quand elle s'approche duprétendant il dit : Ganda n'koubey n'da n'serey ! Si elle fait chuter son canari, elle consent aux fiançailles.
Four tarey | jeter la route | être compagnon de retour
Kamba mô | tenir l'œil | respecter quelqu'un ou lui être loyal
Wâ mô | manger l'œil | humilier ou dénigrer
Kay inda sey fô | se tenir avec un seul pied | être tenace
gha boune niga | je meurs de toi | je ne t'aime plus
A four ãri | il jette l'eau | Il ment
Gha may nin alghoudour
Similitude entre les deux affirmations.
la 1ere se traduit comme "je suis enceinte de toi" et la seconde se traduit comme suit "je te porte". Toutes deux s'emploient dans un cadre de désaccord ou de palabre. Par contre la seconde est moins grave et s'emploie de fois cordialement, juste une façon d'inciter la personne à s'expliquer.La première est d'une gravité inouïe incitant l'interlocuteur à monter le ton.Bien normal car l'"accouchement", même verbal est douloureux.
A yizzar iri si | il nous a quitté ( il est mort) = l'euphémisme .
Inda ni four soubou, assib koy to ganda | si tu jettes un brin de paille, il n'ira pas à la terre | cette expression est employée pour décrire une foule nombreuse.

Contine
"Obaz ghab sousloum ni.
- Gya nib sousloum ghay, kwokoy ghay si.
- Kwokoy hangya ib hangyaa.
- ga ib hangya tarey assi.
- tarey koukou ab koukou.
- ga ab koukou adarass assi
- ...