Avant-hier

De la naissance du Sahara aux premiers hommes ... venez comprendre la richesse archéologique de cette région.


Si le Sahara nous apparaît aujourd'hui comme une terre qui de tout temps a été désolée et inhospitalière, il n'en a pas été toujours ainsi dans la grande histoire de la dérive des continents. Avant que cette dernière ne soit arrivée à son stade actuel, le Sahara a connu de grandes évolutions sur des temps géologiques se comptant en millions d'années, et son aridité ne serait issue que de ces derniers millénaires, modelant ainsi le milieu et les peuplements humains, affirmant son caractère majestueux.

Les populations humaines tout autour de la falaise de Tiguidit connaissent bien leur territoire, elles connaissent chaque kori, chaque pâturage, chaque relief. Elles savaient depuis longtemps qu’à des endroits très particuliers dans des argiles, il y a des ossements géants qu'ils ne reconnaissent pas dans la nature actuelle. Chudeau, un géologue en tournée au sud de Marandet, est le premier en 1907 à identifier ces ossements comme ceux de dinosaures.

L'Afrique est le berceau de l'humanité, car on y a retrouvé les plus anciennes traces d'homme, notamment dans le rift d'Afrique de l'est, à l'époque quaternaire (pléistocène). Mais ces dernières années le berceau se serait déplacé vers le Sahara et le bassin du lac Tchad en particulier avec le découverte de Toumaï. Comme le disait l'Abbé Breuil, "le berceau du monde est à roulette", pour signifier que les recherches fourniraient de nouveaux éléments propres à repositionner encore ce berceau. 

Près du village de Tigerwitt on peut dénombrer un ensemble de tumulus qui comptent parmi les plus imposants de la plaine de l'Ighazer, jusqu'à 36 mètres de diamètre. A y regarder de plus près, il semble s'agir de tertres recouverts d'une couche de pierre. Ils ressortent dans le paysage locale car surnagent au dessus d'une couche sableuse ou viennent pousser l'Afazo (Panicum turgidum) et l'Alemoz (Panicum sp.). La plupart d'entre eux sont nichés au pied d'une terrasse, mais leurs sommets dépassent cette terrasse, ils épousent ainsi la géomorphologie locale. Les pierres qui recouvrent ces tertres proviennent de la couche d'argile rouge locale et au vu du peu de quantité de pierre de taille correcte que l'on trouve dans la zone, il semble qu'elles soient venues ici par un travail conséquent, ou peut-être sont-ce les pierres de fouille de la sépulture qui ont été reprises. Le sommet de ces tertres est plat et semble à chaque fois délimité une forme circulaire laissée sciement vide de pierres où seule une couche argilo-sableuse apparaît.

L'industrie métallique va matérialiser l'entrée de la plaine de l'Ighazer dans l'Histoire. Néanmoins ce passage s'étalera sur près de 2 millénaires, car les débuts de la métallurgie n'éteindront pas l'usage des outils lithiques aussi facilement. On peut même dire que ces nouvelles technologies ne changeront pas l'évolution des populations vers un mode de vie de plus en plus nomade. Cette période marque également le remplacement définitif des soudanais par les protoberbères, même si les premiers "réfugiés climatiques" des montagens de l'Aïr se maintiendront encore quelques siècles.

Au Niger, l’art rupestre peut se subdiviser en quatre groupes ou styles, néanmoins il ne faut pas voir ces périodes se suivre les unes à la suite des autres, mais les imaginer fluctuantes dans le temps et l'espace et pouvant même cohabiter. L'impossibilité de datation de ces gravures et peintures ne peut qu'inciter à beaucoup de prudence pour une chronologie des différents styles sahariens.

Les dinosaures de l'Ighazer

jobaria

afrovenator

suchomimus

ouranosaurus

nigersaurus

sarcosuchus

nigerpeton

saharastega

jobaria afrovenator suchomimus ouranosaurus
Jobaria tiguidensis
Afrovenator abakensis
Suchomimus tenerensis
Ouranosaurus nigeriensis
Nigersaurus taqueti
Sarcosuchus imperator
Nigerpeton ricqlesi
Saharastega moradiensis
Carcharodontosaurus saharicus
Baharijasaurus ingens
Elaphrosaurus iguidiensis
Aegyptosaurus baharijensis