Le Néolithique

La plaine de l'ighazer est un écosystème riche où a pu se développer l'agriculture, l'élevage, la métallurgie, l'art rupestre ...


Au Niger, l’art rupestre peut se subdiviser en quatre groupes ou styles, néanmoins il ne faut pas voir ces périodes se suivre les unes à la suite des autres, mais les imaginer fluctuantes dans le temps et l'espace et pouvant même cohabiter. L'impossibilité de datation de ces gravures et peintures ne peut qu'inciter à beaucoup de prudence pour une chronologie des différents styles sahariens.

L'industrie métallique va matérialiser l'entrée de la plaine de l'Ighazer dans l'Histoire. Néanmoins ce passage s'étalera sur près de 2 millénaires, car les débuts de la métallurgie n'éteindront pas l'usage des outils lithiques aussi facilement. On peut même dire que ces nouvelles technologies ne changeront pas l'évolution des populations vers un mode de vie de plus en plus nomade. Cette période marque également le remplacement définitif des soudanais par les protoberbères, même si les premiers "réfugiés climatiques" des montagens de l'Aïr se maintiendront encore quelques siècles.

Près du village de Tigerwitt on peut dénombrer un ensemble de tumulus qui comptent parmi les plus imposants de la plaine de l'Ighazer, jusqu'à 36 mètres de diamètre. A y regarder de plus près, il semble s'agir de tertres recouverts d'une couche de pierre. Ils ressortent dans le paysage locale car surnagent au dessus d'une couche sableuse ou viennent pousser l'Afazo (Panicum turgidum) et l'Alemoz (Panicum sp.). La plupart d'entre eux sont nichés au pied d'une terrasse, mais leurs sommets dépassent cette terrasse, ils épousent ainsi la géomorphologie locale. Les pierres qui recouvrent ces tertres proviennent de la couche d'argile rouge locale et au vu du peu de quantité de pierre de taille correcte que l'on trouve dans la zone, il semble qu'elles soient venues ici par un travail conséquent, ou peut-être sont-ce les pierres de fouille de la sépulture qui ont été reprises. Le sommet de ces tertres est plat et semble à chaque fois délimité une forme circulaire laissée sciement vide de pierres où seule une couche argilo-sableuse apparaît.