Les langages

Tasawaq et Tagdalt marquent le particularisme de populations dans une brousse où la Tamasheq est reine ...


Man nin kani

(signifie "comment ton sommeil" = bonjour)

Les populations sédentaires d'In Gall et de Teggida n'Tessoumt ont un parlé très spécifique, à base Songhay incluant beaucoup de vocabulaire Tamasehq et Arabe, la Tasawaq, parlée par 7 à 8000 locuteurs. C'est une des dix langues nationales du Niger, même si cette dernière est très confinée. Cette langue fait partie d'un groupe de langue, présentes dans la campagne nigérienne, notamment la Tagdalt parlée par les Igdalen (6000 locuteurs), ayant un mode de vie Touareg (semi-nomadisme) au coeur de l'Ighazer. Du coté de Tahoua et Abalak on trouve aussi cette principale variante qui intègre encore plus que la Tasawaq, du vocable Tamasheq, mais aussi d'autres parlés proches comme la Tabarog parlée par les Iberogan, tribus plus ou moins vassales des Igdalen.

Le dictionnaire vous présente un ensemble de vocabulaire, plus de 500 à terme traduits littéralement et classés par lexique. La prononciation est une difficulté réelle de compréhension et d'écriture, nous ne nous lancerons pas dans une écriture parfaite (qui d'ailleurs n'existe sans doute pas). Elle est donc très "impressionniste" et se prononce un peu à l'anglaise. Un module de traduction et d'écoute est proposé, il pourra pallier à terme ces premières approximations orthographiques. Toute compétence pour améliorer ce dictionnaire est bien entendu la bienvenue.

Les salutations

- man nin kani signifie "comment ton sommeil" = bonjour, Man nin hogay signifie "comment ta soirée" = bonsoir. A cela l'on répond Alher'as = la paix est là = ça va.

- comme partout en Afrique les salutations prennent un temps certain, ainsi après le bonjour, c'est toujours, man hougyo = comment va la maison, man assabyo, comment vont les enfants, man farga = comment la fatigue, man touksy = comment la chaleur, etc.

- man i ban a si ni = comment allez-vous ?

- pour la bonne nuit on compose kani alher = dormir en paix.


Les pronoms

je gay mon/ma/mes gan
tu ni ton/ta/tes nin
il a son/sa/ses an
nous iri nos/notre irin
vous indi vos/votre indin
ils i leurs sin

Les suffixes

- le suffixe kat dans un verbe d'action signifie vers soi par exemple koy = aller, koykat = aller vers moi, ou zawkat = appporte à moi.

- koye = celui de, exemple afarek koye = celui du jardin ou le jardinier (pluriel ifirgan koyo).


Le genre et le pluriel

Il n'y a pas de genre exprimé dans les mots d'origine Sonraï, par contre le féminin est exprimée dans les mots d'origine Tamasheq avec le plus souvent un 't' en préfixe. Certains mots d'origine songhay appliquent aussi cette régle comme assabi / tassabi = garçon / fille.

Le pluriel s'exprime dans les mots sonraï par un 'yo' terminal, tanzi/tanziyo = les pierres, alors que dans les mots d'origine tamasheq ils suivent les règles de cette dernière avec le plus souvent un 'i' en préfixe et un 'en/an' terminal.


La négation et l'appartenance

- la négation se fait avec ni dans la phrase, par exemple a ni woussaye = ce n'est pas bon.

- elle peut se faire également avec si comme dans nim si har = il ne faut pas dire.

- n' = appartenance au nom qui précède, par exemple alhassane n' hougou = la maison d'Alhassane.


Les temps

Il y a trois temps de conjugaison, la passé, le présent (je suis en train de) et le futur. La conjugaison ne se fait jamais sur le verbe mais sur le pronom.

PasséPrésentFutur
J'ai dit gay si je dis gab si je dirai gab ti si
tu as dit ni si tu dis nib si tu diras nib ti si
il a dit a si il dit ab si il dira ab ti si
nous avons dit iri si nous disons irib si nous dirons irib ti si
vous avez dit indi si vous dites indib si vous direz indib ti si
ils ont dit i si ils disent ib si ils diront ib ti si

La négation au passé et au présent se fait avec ni, et sib au futur.


Quelques constructions

- nim si dan = il ne faut pas faire

- ni sib dan = tu ne feras pas

- may nib hounou = qu'est-ce que tu cherches

- Ibrahim ab ti koykat am gouna ni = Ibrahim passera pour te voir

- misin ab dan ni si = qu'est-ce qu'il fait pour toi

- ab koy yobou sey inda gay barra afo = il vas au marché lorsque je veux quelque chose

- ni si taba gouna = tu n'as jamais vu

Compter l'argent

Pour passer de la table des chiffres à celles de l'argent il y a un multiple de 5 ! Ceci provient du fait que lors de l'introduction du Fcfa en Afrique la plupart des populations ont pris comme unité (au sens UN) la plus petite pièce qui était alors 5 Fcfa ; ainsi lorsque vous dite Témédé cela signifie bien 100 pièces de 5 Fcfa soit 500 Fcfa.

"Apprendre Tamacheq", est un livre qui comme son nom l'indique renferme les principes du langage parlé par les Kel Tamacheq ou TouaregCet ouvrage est une ouverture culturelle vers le monde Touareg, il vous donne l’oportunité de comprendre ce peuple par la maîtrise de leur langue. Il comprend des leçons de grammaire, des mots de vocabulaire, les proverbes, les contes mais aussi quelques chansons de musiciens touaregs.

La "tekarakit" en Tamasheq peut se traduire par "pudeur", c'est cette retenue qui fait que l'on ne dit les choses directement et franchement que de manière exceptionnelle. On prendra alors quelques détours pour exprimer son ressentit, c'est le royaume des hyperboles, euphémismes et autres figures de styles.

Ganda n'koubaye inda n'serey | la terre se mélange ou se lie avec son amie | Pour demander la main d'une fille, le prétendant se met sur le chemin du puits. Les filles allant au puits chercher l'eau dans des canaris d'argile, quand elle s'approche duprétendant il dit : Ganda n'koubey n'da n'serey ! Si elle fait chuter son canari, elle consent aux fiançailles.