Cet article tente de comprendre les éléments que rapporte Ibn Battuta de son périple en Ighazer (Defrémery et Sanguinetti 1858). Il est donc évidemment géo-centré sur la ville de Takedda et sa région. On n’oublie pas que le passage d‘Ibn Battuta au Sahel laisse perplexe devant le peu de détails qu’il rapporte sur ce voyage, en comparaison à ceux effectués en Asie. Néanmoins que ce soient des informations de premières où de secondes mains, elles constituent une représentation de la ville et de ses personnages vu de l’intérieur ou peut être plus vu de l’extérieur, à distance, qui restera à apprécier par chacun d’entre nous, la carte postale n’étant pas forcément meilleure qu’une bonne information de seconde main, même s’il n’est pas toujours aisé de faire la différence (Fauvelle 2019).

Dans cet article je m’intéresse aux Gobirawa qui, à une époque, ont passé par l’Ayar. Il serait vain de croire que cette communauté n’ait qu’une seule origine. Comme beaucoup de confédérations Berbère, Touareg ou même Hausa, les Gobirawa que l’on connaît aujourd’hui en tant que peuple du Hausa Bakoy (les sept premiers États Hausa), sont le résultat de migrations qui pour certaines viennent de l’est, du nord, de l’ouest et sans doute du sud. La diversité des traditions orales ou des écrits, des cousinages ou des us, ne reflètent en fait que les alliances qui se sont faites et défaites, de grès ou de forces, tout au long de leur histoire, par métissages successifs entre populations désireuses ou obligés de s’unir pour poursuivre leur histoire.
Yvelines Poncet dans sa carte ethno-démographiques du Niger, nous dit que « les Gobirawa, à propos desquels les traditions sont variées : venus de l'Aïr, où ils étaient peut-être des berbères métissés, et dont ils ont été chassés, ils ont fondé le royaume du Gobir au Xle siècle. Ou bien ils viennent du Bornu, ou même de l'ouest (Poncet 1973). » En fait, ces traditions pourraient bien être toutes vrais.

Les Sanhadja sont un ensemble de tribus berbères, hommes voilés du désert, dont les Touareg sont les descendants les plus directs. Ils occupèrent le Sahara occidental et, à l'apogée des Almoravides, occupent le Maroc et l'Espagne El Andalus. Ils auraient donné leur nom au fleuve Sénégal, par l'intermédiaire du portugais Sanaga (Zanaga). Les Zenata sont une branche des Sanhadja qui a migrée plus au sud ouest en mauritanie et autour du fleuve Sénégal. Ils pourraient être les ancètres des Igdalen et peut être des Iberkoreyan.