Société - Les communautés

Les différentes communautés

La dynamique de mise en place des communautés peuplant actuellement l'Ighazer, se construit à partir du Xème siècle. Elles sont pour l'essentiel nomades, ou semi-nomades. Mais la particularité de l'Ighazer, en ces contrées sahéliennes, est bien d'avoir encore un habitat sédentaire vieux de 500 ans avec les gens d'In Gall et Tegidda n'Tesoumt. Ce sont les Isawaghen, qui possèdent un langage propre, mélange de Songhay, Tamasheq et Arabe. Teggida n'Tessoumt située  80 km au Nord de In Gall en est bien son faubourg, les populations sont les mêmes.

Les Igdalen sont les plus anciennement installés en Ighazer, et occupent toute la zone centrale, de Tegidda n'Tessoumt jusque vers Marandet en ayant comme attache les villages de Tirgit, Assaouas, Tigerwit et Tegidda n'Adrar, etc. Ils appartiennent à la communauté la plus ancienne encore en place dans l'Ighazer, avant le Xème siècle, alors que les premières migrations Touarègues n'ont commencées que vers le XIème siècle pour se finir à la fin du XIXè siècle. L'arrivée des Igdalen dans l'Ighazer est concomitente à celle des Iberkoreyan venus du Fezzan, ces derniers migrèrent au court des siècles suivants, sous la pression des différentes vagues de avancées Touarègues à partir du XIè siècle, vers l'Azawagh (In-teduq) puis vers l'Ader. Lors de la scission des ouelleminden, ils se rattachèrent à ceux de l'Est pour former les Ouelleminden Kel Dinnik.

L'Ighazer constitue pour les Touarègues du groupement Kel Fadey leur terroir d'attache, ou ils nomadisent à cheval sur les falaises de Tiguidit, entre les sables de la Tadarast au sud-ouest, founissant un maigre pâturage toute l'année, et les plaines argileuses de l'Ighazer fournissant de riches pâturages très temporaires. Ce sont les derniers arrivant Touareg en Aïr.

Les Kel Ferwan occupent la partie sud-est entre Agadez et Aderbissinat où la chefferie traditionnelle est installée.

Sur le piémont de l'Aïr on trouve les Ikaskazan et des Kel Ahaggar, au nord de l'Ighazer ce sont les Kel Tedele qui nomadisent dans le Talaq et jusque vers Arlit. Enfin au nord-ouest ce sont les arabes Kounta.

Tout autour de la plaine de l'Ighazer, on trouve à l'Ouest les Ouelliminden Kel Dinnik, à l'Est les Kel Owey qui occupent le massif montagneux de l'Aïr (Ayar), au Sud les Kel Gress. Ces différentes confédérations nomadisent aussi dans l'Ighazer, le plus souvent pour faire leur cure salée. 

L'ensemble des ces communautés est sous l'autorité du Sultan d'Agadez, chef des Kel Aïr qui organisait la grande Taghlamt, vers le Ténéré puis vers le sud du pays.

Les Peulhs Woodabé sont aussi installés en partie sur la plaine et nomadisent surtout à la saison des pluies pour leur cure salée. Ce sont les dernières populations arrivantes sur la zone de l'Ighazer, ne dépendant pas du Sultanat, bien que ces dernières décennies ils installent des villages autour des falaises de Tiguidit.

Chronologie des migrations 

Même si le positionement chronologique reste intéressant visuellement pour comprendre les migrations, il n'en demeure pas moins statique ce qui n'est sûrement pas le cas des peuplements qu'on y décrit. La constitution des groupements touarègues en particulier est complexe : des nouveaux arrivants sur un territoire peuvent aussi bien chasser des autochtones que les assimiler. Par exemple certaines tribus des Imikittan sont restées en Aïr et ont accepté la domination des Kel Owey alors des les Itesseyan ont tous émigré vers l'Ader. Ces assimilations ont aussi pu se faire avec des groupes autochtones Songhay ou Haussa. Ainsi aujourd'hui, la composition d'un groupement reflétera son histoire passée, et la complexité de la constitution des entités sociales des Kel Tamasheq.

Cette frise chronologique représente les migrations en Ighazer seulement, par exemple les Kel Fadey et Kel Ferwan sont venus d'abord en Aïr, puis plus tard en Ighazer.

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livreLes populations actuelles, étude nigériennes 52